Une fois de plus – un an après le dernier mouvement de fronde
agricole – la colère paysanne éclate et les campagnes s’embrasent.
Dans un contexte extrêmement tendu d’inquiétudes liées à l’accord
UE-Mercosur, de recrudescence de vagues épizootiques et d’aléas
climatiques laissant les exploitations exsangues, c’est le choc
de l’apparition l’été dernier de la DNC (Dermatose Nodulaire
Contagieuse) sur le territoire et d’une politique sanitaire brutale
misant tout sur l’éradication par abattage des foyers de la maladie
qui a cette fois embrasé la plaine et les montagnes.
Comme toujours, ce gouvernement se raidit avec une arrogance
vertigineuse dans la défense d’un protocole inconsistant et inefficace.
Nous en sommes aujourd’hui à plusieurs milliers de bêtes abattues,
avec des pressions punitives invraisemblables des pouvoirs publics.
On ne réagit pas en fonction de la rationalité sanitaire et scientifique,
comme on le prétend, mais plutôt en fonction des pressions de
différents groupes d’intérêts industriels. L’enjeu principal, pour l’État
et la FNSEA, c’est de maintenir des taux de profit pour les filières
industrielles exportatrices, en faisant payer le prix aux acteurs les
plus faibles. Le reste, c’est de l’affichage, un plan de communication
cachant à peine tout le mépris dont il est teinté. Il vise à dissimuler
que cette politique d’abattage total n’est pas une arme d’autodéfense
sanitaire pour l’élevage, mais une arme du libre-échange débridé
et du système de production agro-capitaliste pour maintenir
son business-as-usual.
EPSON MFP image